Avertissement

Mon frère, mon ami, que t’est-il arrivé ?
Qu’est-ce qui a pu briser en toi cette lumière au point
d’oser justifier tes intolérances, tes injustices,
tes atrocités au nom de Dieu ?
Dieu, qui est la Vie.
Dieu, qui est Amour.
Dieu, qui est la source infinie de toute conscience.
Comment peux-tu invoquer Celui qui a créé la diversité pour condamner ce qui est différent ?
Comment peux-tu parler en Son nom pour blesser, exclure, détruire ?
N’est-ce pas une étrange contradiction que de faire de l’Infini vivant un ennemi de Sa propre création ?
Comme si la conscience éternelle se dressait contre elle-même…
Celui qui a semé la pluralité des visages, des cultures, des pensées, des chemins —
comment pourrait-Il haïr ce qu’Il a voulu multiple ?
Mon frère, mon ami,
peut-être que la foi n’est pas faite pour dominer, mais pour comprendre.
Peut-être qu’elle n’est pas une arme, mais un pont.
Et si aimer et protéger la création était la seule manière honnête d’honorer le Créateur ?
Tu remplis ta coupe par chacun de tes actes.
Goutte après goutte, choix après choix.
Et viendra un temps — inévitable —où tu devras étancher ta soif avec ce que tu y as versé.
Car tant que tu n’as pas bu à ta propre coupe, tant que tu n’as pas expérimenté les conséquences de tes décisions,
tu ne peux pas réellement savoir ce qu’elles contiennent.
On juge facilement, on agit parfois sans mesurer, mais la vie, elle, enseigne par le retour.
Ce que tu sèmes devient ce que tu récoltes.
Ce que tu verses devient ce que tu bois.
Alors choisis avec conscience, car chaque geste prépare le goût de demain.
Avertissement.
Vous ne pourrez plus dire : « Je ne savais pas. »
Car la vérité aura été dite.
Les conséquences auront été annoncées.
Les signes auront été visibles.
L’ignorance ne sera plus un refuge, ni le silence une excuse.
Chacun aura entendu.
Chacun aura choisi.
Et face à ses propres actes, nul ne pourra prétendre ne pas avoir su.